charrette enlisée dans le sable ocré

Quelques photos prises sur un site d’ocre entre les villages de Rustrel et Villars du Luberon en Provence.
L’érosion due au temps et la main de l’homme lors de son exploitation ont dessinées ces envoûtantes sculptures.
Je comprends en admirant ces merveilleuses teintes que ces pigments aient été utilisés dès la préhistoire pour des rites funéraires et la réalisation des chef d’œuvres que sont les peintures rupestres.

galeries ocre rouge

Celles-ci se sont conservées grâce à la quasi-inaltérabilité des pigments ocrés.
Nos lointains ancêtres prêtaient certainement à l’ocre des vertus magiques, magie présente pour moi de par l’aura si particulier que la lumière diffuse sur les parois de ce relief.
Rien d’étonnant que l’ocre dans ses différentes déclinaisons de tons ( jusqu’à 27 en passant du jaune d’or au rouge sang ) inspire actuellement encore les artistes de tous poils.

nombril goethite

Les Égyptiens de l’antiquité en enduisaient la peau noircie des momies pour leur redonner l’illusion de la vie et de l’immortalité.
Ils n’étaient pas sans ignorer ses vertus conservatrices. Le jaune pour les femmes et le rouge pour les hommes.
Les romains et les Gaulois ne restèrent pas indifférents à l’attrait du mont rouge sur lequel est perché le village de Roussillon ( Luberon ).
Ils entreprirent quelques siècles avant Jésus christ son exploitation.

La formation des ocres doit son origine à une longue alchimie qui commença au Trias ( -230 millions d’années) .

Une sédimentation d’argile verte, la glaucemie s’opère, alors que la Provence est enfouie sous la mer.
A l’ère du crétacé Les mouvements tectoniques, il y a 100 millions d’année poussent cette couche sédimentaire à la surface.
Sous les pluies diluviennes du climat de l’époque, la glaucemie est  dissoute, libérant les éléments dont elle est constituée. De là est issue la roche ocreuse que l’on connaît aujourd’hui.
C’est un intime mélange d’argile, la kaolinite et de pigment, la goethite.

Sculpture naturelle ours éléphant